L’été sous verre !
Quand la neige fond et que les trottoirs hésitent entre flaques et plaques glacées, une envie de vert s’installe. Les arbres sont encore nus, les plates-bandes patientent sous les dernières gelées, et pourtant, quelque part, la nature est déjà en pleine effervescence. Il suffit de pousser la porte d’une serre ouverte à l’année pour changer de saison.

En attendant les beaux jours : les serres sont de véritables oasis fleuries
On connaît les serres du Jardin botanique de Montréal qui offrent ces sensations rares. Dès l’entrée, la chaleur enveloppe, l’air devient humide, presque tropical. Les manteaux se déboutonnent, les pas ralentissent. On lève les yeux vers les feuillages immenses, on respire des parfums enivrants, on découvre des formes inusitées.
Toute l’année, les serres mettent en valeur une partie des collections vivantes du célèbre Jardin. Au printemps, les serres deviennent un havre de beauté. Dans le Jardin céleste, les penjings — paysages miniatures façonnés avec patience — invitent à la contemplation. On y perçoit le temps autrement, à l’échelle du geste horticole.

En sortant de Montréal, d’autres oasis prolongent l’expérience
À Laval, dans le secteur de Sainte-Dorothée, Les Serres Sylvain Cléroux bourgeonnent douze mois par année. Cette entreprise familiale, en activité depuis plus de quarante ans, est devenue le plus important producteur de fleurs annuelles de la province. Plus d’un million de pieds carrés de serres s’étendent sur différents sites. Dans
les installations ouvertes au public, les rangées de fleurs colorées semblent infinies.
On y vient au printemps pour préparer ses plantations, mais aussi à l’année pour participer à un atelier, une séance de yoga ou un concert. Ici, la serre est autant un lieu de production végétale qu’un espace de rencontre.
Non loin de là, Paradis des orchidées déploie plus de 30 000 plants et s’impose comme le plus important producteur d’orchidées de l’est du Canada. Marcher entre les tables fleuries, c’est entrer dans un univers délicat où chaque fleur semble suspendue dans le temps.

Puis, l’ambiance change chez Cactus Fleuri. Ici, les cactus imposants et les plantes exotiques créent un décor presque désertique, baigné d’une lumière chaude. On oublie le froid extérieur. On touche les textures, on observe les formes étonnantes, et souvent, on repart avec un fragment de cette oasis à installer chez soi.
Visiter une serre au printemps, c’est s’offrir une parenthèse. Un rappel que la vie ne s’interrompt jamais. Même quand la ville semble figée, derrière les vitres embuées, ça pousse, ça fleurit, ça respire déjà l’été !

























