Il y a des voyages qu’on planifie longtemps. Et puis il y a ceux qui finissent par nous habiter pendant des années avant de devenir réalité.

Pour Paul Hamel et Nathalie Lessard, un couple de retraités des Laurentides, la Côte-Nord représentait bien plus qu’une simple destination touristique. C’était une promesse qu’ils s’étaient faite il y a plus de trente ans. « La première fois qu’on est venus ensemble, c’était en 1995 », raconte Nathalie avec émotion. « On avait passé une fin de semaine à Tadoussac après s’être rencontrés. On était tombés amoureux de l’endroit… et on s’était promis qu’un jour, on reviendrait pour faire la grande aventure. »

Cette aventure, ils l’ont enfin vécue. Pendant 55 jours, ils ont parcouru près de 10 000 kilomètres à travers le Canada, avant de terminer leur immense périple là où ils avaient choisi de garder “le meilleur pour la fin” : la Côte-Nord.

Source photo : Nathalie Lessard et Paul Hamel

Une route qui transforme

Au lieu de suivre le célèbre circuit Expédition 51 dans le sens habituel, Paul et Nathalie ont décidé de le faire à l’envers en partant de Blanc-Sablon en provenance de Terre-Neuve. Une façon bien à eux de savourer graduellement l’émotion du territoire nord-côtier. Ils ont rejoint ensuite la 138 pour aller au bout jusqu’à kegaska. Plus ils avançaient sur les routes, plus le paysage semblait devenir immense, sauvage, presque irréel.

« On voulait se rendre jusqu’au bout. Jusqu’à Kegaska », explique Paul. « Quand tu arrives là… tu comprends vraiment ce que veut dire «le bout de la route». »

Ce qui frappe immédiatement sur la Côte-Nord, c’est à la fois l’espace et la beauté des paysages. Les kilomètres de forêt boréale, les plages infinies, les villages isolés, les monolithes et îles du golfe du Saint-Laurent sont à voir absolument. Même pour un couple de retraités il y a une prise de conscience du changement de cadence.

« C’est tellement beau et intact ! et là-bas, les gens prennent vraiment le temps. Ça fait du bien de savoir que cela existe encore », dit Nathalie.

Source photo : Sebastien St-Jean

Les baleines… et le silence

Comme beaucoup de voyageurs qui découvrent la Côte-Nord, Paul et Nathalie rêvaient d’observer les baleines. À Tadoussac, ils ont retrouvé le même émerveillement qu’à leurs débuts amoureux. Voir surgir un rorqual au loin, entendre le souffle puissant d’une baleine dans le silence du fleuve ou simplement contempler l’horizon pendant des heures devient une expérience profondément marquante.

« Au bord de l’eau, on oublie le bruit du monde », raconte Paul. « Tu regardes l’eau… pis tout ralentit. »

La Côte-Nord possède cette rare capacité de reconnecter les voyageurs à quelque chose d’essentiel. Ici, la nature n’est pas un décor : elle devient une présence.

Source photo : Nathalie Lessard et Paul Hamel

Des villages qui ont une âme

Tout au long de leur parcours, certains endroits ont marqué le couple de façon particulière. Natashquan, notamment.

« Selon nous, c’est la plus belle plage de toute la région », affirme Nathalie. « Mais ce n’est pas juste ça. Il y a une énergie là-bas. Une âme. »

Le célèbre village associé à Gilles Vigneault semble encore habité par les histoires, les contes et la poésie du territoire. Les maisons colorées, le vent salin et les longues plages donnent l’impression d’entrer dans un autre temps. À Havre-Saint-Pierre, ce sont les îles Mingan et la Maison de la culture Roland-Jomphe qui les ont charmés. Plus loin, à Blanc-Sablon, ils sont tombés amoureux du petit camping municipal rempli de fleurs et de cabanes à oiseaux.

Mais ce sont surtout les arrêts imprévus qui deviennent les plus précieux souvenirs. Au Labrador, ils sont entrés par hasard dans un village innu, alors qu’il y avait une célébration locale.

« Les gens nous ont accueillis comme si on faisait partie de leur monde », raconte Paul.

« Ils nous ont expliqué leurs traditions avec tellement de passion. Ça nous a touchés profondément. »

Source photo : Sebastien St-Jean

Voyager autrement à la retraite

Pour plusieurs boomers, la retraite devient aujourd’hui l’occasion de réaliser enfin les grands voyages qu’on remettait depuis des années.

La Côte-Nord répond parfaitement à cette envie de liberté et d’authenticité.

On peut y voyager lentement, prendre le temps de s’arrêter dans les petits villages, discuter avec les habitants, découvrir les produits locaux, goûter aux fruits de mer fraîchement pêchés et admirer des paysages parmi les plus spectaculaires du Québec.

« On a mangé plein de crabes et de poissons, pas de homard car je suis allergique », précise Paul. Tout est délicieux. Il y a de délicieuses choses à vivre.

« On s’est fait un plaisir de s’arrêter à toutes les microbrasseries au cours du voyage pour faire de belles découvertes »

Paul et Nathalie insistent d’ailleurs sur un point important : il ne faut surtout pas faire ce voyage à la course.

« Le vrai conseil qu’on donnerait, c’est de prendre son temps », dit Nathalie. « C’est trop beau pour passer tout droit. »

Le couple recommande également de quand même planifier certains segments plus éloignés, particulièrement du côté du Labrador où de longues distances séparent les stations-service.

Mais malgré l’immensité du territoire, ils ne se sont jamais sentis seuls.

« Partout où on arrêtait, les gens étaient gentils. Accueillants. On s’est sentis bienvenus partout », ajoute Paul.

Revenir le cœur rempli

Au terme de leur aventure, ce ne sont pas seulement les paysages qui restent gravés dans leur mémoire.

Ce sont les rencontres.

Les discussions improvisées.

Les couchers de soleil sur le golfe.

Le silence des grands espaces.

Et cette sensation rare d’avoir vraiment vécu chaque moment.

« On revient avec la tête pleine de souvenirs… mais surtout avec le cœur rempli », résume Nathalie.

Pour les couples retraités qui rêvent de grands horizons, la Côte-Nord offre bien plus qu’un simple voyage. Elle propose une expérience profondément humaine, où chaque kilomètre rappelle qu’il n’est jamais trop tard pour partir à l’aventure.