Nous avons voulu répondre à cette question et découvrir qui donne quoi et à quelle cause.

On dit souvent que les Québécois ont le cœur sur la main. C’est vrai, mais le bras fatigue un peu. Selon la plus récente étude d’Épisode sur la philanthropie au Québec, réalisée à l’automne 2023, un Québécois sur deux (51 %) donne encore. C’est beau, sauf qu’ils étaient 61 % à le faire en 2013. Et en 2020, l’année du « tout va bien aller », ça n’allait pas tant : seulement 46 % avaient sorti le portefeuille pour une bonne cause. On dirait que la pratique du don, comme les jardins demande un certain entretien pour se maintenir.

Les femmes d’abord, mais les hommes plus fortunés

Les Québécoises ont la fibre du don plus active : 52 % d’entre elles donnent, contre 50 % des hommes. Par contre, ces messieurs ont tendance à mettre un peu plus sur la table — 534 $ par année, contre 318 $ pour les femmes (quand on ne compte que les donateurs en argent). Peut-être parce qu’ils fréquentent davantage les tournois de golf que les soupers-bénéfice, qui coûtent souvent moins cher en droit d’entrée.

Les femmes, elles, misent sur les galas, les causes sociales et le travail d’équipe. Elles aiment que leur entreprise soit engagée; les hommes, eux, parlent plus volontiers de « devoir ».

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Les nouveaux arrivants, champions du cœur

Si on remettait une médaille du don, elle irait probablement aux Québécois issus de l’immigration. La deuxième génération donne plus souvent (59 %), et la première génération, elle, donne carrément plus que tout le monde — 718 $ par année en moyenne! Et pas à n’importe qui : ils soutiennent surtout les organismes religieux, les refuges pour animaux, et les causes d’envergure nationale ou internationale. Ah, et inutile de leur envoyer des enveloppes pleines de cartes à gratter : les sollicitations postales, très peu pour eux.

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Moins nombreux, mais plus généreux

Globalement, les dons diminuent… sauf le montant. Le don moyen grimpe à 422 $ par donateur (contre 308 $ il y a dix ans). Comme si, à défaut d’être plus nombreux, ceux qui restent disaient : « OK, mais moi, je donne fort. » Malgré l’inflation qui ronge les portefeuilles, 63 % des donateurs prévoient donner autant — ou même plus — en 2025. C’est un peu comme quand on garde l’abonnement au gym même si on n’y va pas souvent : l’intention, elle, est bien là.

Le don, ce n’est pas juste une question de sous

Les dons d’argent, c’est bien, mais les Québécois savent que la générosité prend mille visages. En fait, 70 % des donateurs offrent aussi de leur temps, de leurs compétences ou de leur soutien moral. Et leurs formes préférées de philanthropie? Les tirages, les soupersbénéfice, les spectacles-bénéfice. Les plus jeunes, surtout la génération Z, préfèrent les défis sportifs — une bonne cause avec un peu de sueur, c’est plus motivant pour eux qu’un chèque à la poste.

Québec, capitale du don

C’est dans la région de Québec qu’on trouve les plus grands donateurs en nombre : 55 % des habitants donnent, avec un don moyen de 459 $, surtout pour les causes locales. À Montréal, on donne moins souvent, mais plus fort — 489 $ en moyenne — et pour des causes nationales ou internationales. Les Montréalais, d’ailleurs, adorent les défis sportifs (marathon, escalade, yoga sur toit de gratte-ciel… tant que ça finit par un brunch).

Morale de l’histoire?

Le Québec reste généreux, mais la philanthropie se transforme. Moins de donateurs, plus d’intention, plus de créativité. On donne moins souvent, mais plus consciemment.

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