Le fossé entre les générations n’a jamais été aussi profond qu’aujourd’hui. Si vous avez l’impression que vos petits-enfants parlent une langue étrangère, vous n’êtes pas seul.e! La génération Z (les jeunes nés entre 1997 et 2012) a grandi dans un monde radicalement différent du nôtre, où la technologie, les valeurs et les modes de communication ont complètement métamorphosé son rapport au monde.

Pas de panique! Ce guide vous aide à décrypter 10 tendances qui peuvent sembler… pour le moins déconcertantes.

TikTok et ses tendances virales : Un nouvel univers médiatique

Facebook et YouTube, c’était votre époque. TikTok est désormais l’empire des jeunes. Cette plateforme de vidéos ultrabrèves (15 à 60 secondes) est un concentré d’énergie, de créativité et d’humour instantané.

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Imaginez un espace où les danses s’inventent et se propagent en quelques heures, où des sketches humoristiques deviennent viraux en un claquement de doigts et où l’algorithme est si précis qu’il semble lire dans les pensées. Les jeunes peuvent littéralement passer des heures à défiler, happés par un flux de contenus hyperpersonnalisés. C’est un peu comme la télévision de votre jeunesse, mais en infiniment plus rapide et interactif.

Mais attention, ne pensez pas que TikTok est un simple passe-temps futile. Derrière ces vidéos de quelques secondes se cachent des talents émergents, des mouvements sociaux et même des occasions économiques. L’algorithme de TikTok est devenu un véritable ascenseur social numérique, où le talent et la créativité peuvent instantanément transformer un anonyme en influenceur.

Les mèmes : Un langage visuel complexe

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Un chat avec un texte incompréhensible? Un GIF modifié mille fois? Bienvenue dans le monde des mèmes, où chaque image raconte une histoire et où l’humour se construit par couches successives de références.

Mais les mèmes ne sont pas qu’un simple divertissement. Ils sont devenus un véritable langage générationnel, un moyen de comprendre et de décoder le monde. Pensez à ces images qui ont marqué des événements historiques, comme les mèmes politiques qui ont influencé des campagnes électorales ou ceux qui ont dénoncé des injustices sociales. Un bon mème peut aujourd’hui faire plus de chemin qu’un long discours. C’est un art de la communication instantanée, où l’humour devient un outil puissant de critique sociale et de partage d’émotions.

Le retour nostalgique des appareils photo jetables

Contre-intuitif, non? Alors que nos téléphones intelligents peuvent prendre des photos en haute définition, la génération Z adore les images imparfaites. Cette génération rejette la perfection numérique au profit d’un grain légèrement imparfait, de couleurs passées, d’une esthétique qui rappelle nos albums photos des années 80-90.

Des applications entières sont désormais dédiées à recréer ces effets rétro, transformant chaque photo en petit témoignage nostalgique. Pour elle, une image légèrement floue et jaunie est bien plus « réelle » qu’une photographie numérique trop parfaite.

Ce phénomène révèle plus qu’une simple mode : c’est une forme de résistance contre la perfection numérique. Pour cette génération, l’imperfection est devenue une esthétique, un message. C’est comme si, dans un monde ultraconnecté et ultrafiltré, ces images imparfaites devenaient le symbole d’une authenticité perdue. Une façon de dire : « Je suis réel, je ne suis pas qu’un filtre Instagram ».

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Le « goblin mode » : Assumer son côté débraillé

Nommé d’après cette créature tout droit sortie d’un roman du Seigneur des anneaux, le « goblin mode » est un petit acte de résistance contre le « burnout » générationnel. Vous connaissez peut-être son terme plus québécois : être une patate.

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Concept étrange s’il en est, le « goblin mode » est un manifeste contre la pression sociale de perfection permanente. C’est l’art d’assumer complètement son côté désorganisé : rester en pyjama toute la journée, manger des chips au lit, se moquer des injonctions à être toujours présentable et productif.

C’est une forme de résistance douce contre les standards de performance et de beauté. Contrairement aux générations précédentes qui valorisaient une présentation impeccable, la génération Z revendique l’authenticité à travers le désordre.

Mode Y2K : Le retour des années 2000

Pantalons baggy, minijupes en jean, hauts moulants et lunettes colorées… La génération Z ressuscite l’esthétique du début des années 2000, une période qu’elle n’a pas connue, mais idéalise. C’est un peu comme si, dans les années 90, vous aviez adopté le style des années 70.

Ce recyclage générationnel permet de réinventer les codes vestimentaires, tout en rejetant les standards de beauté trop restrictifs. Les vêtements trop grands deviennent un moyen de défier les normes de la mode des années 2010.

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Les boissons comme art de vivre

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Fini le café standard! La génération Z a fait des boissons un véritable art de vivre. Adieu, le café filtre; place au matcha latté, au thé aux perles, au café infusé à froid et au chaï latté exotiques. Chaque boisson doit être délicieuse, originale, photogénique et parfaite pour Instagram.

Les cafés et salons de thé ont compris le message et rivalisent de créativité pour séduire cette clientèle exigeante qui veut du goût, de l’originalité et un joli visuel pour ses réseaux sociaux.

Mais ces boissons ne sont pas qu’affaire de goût : elles sont devenues de véritables marqueurs sociaux et culturels. Choisir son thé aux perles devient presque un rite d’initiation, une façon de manifester son appartenance à une communauté.

Le désengagement discret : Réinventer le rapport au travail

Contrairement à ce que suggère son nom, le désengagement discret n’est pas une démission. C’est un nouveau rapport au travail, moins sacrificiel. Le principe? « Je ne vais pas me tuer à la tâche pour une entreprise qui ne me le rend pas. »

En somme, plutôt que de démissionner, une personne de la génération Z décide de faire strictement ce qui est demandé, sans zèle ni sacrifice personnel. Un acte qui peut sembler passif, mais qui est en réalité une négociation silencieuse sur les conditions de travail. C’est la génération Z qui réinvente les règles, transformant le lieu de travail d’un espace de soumission en un terrain de dialogue et de respect mutuel.

Une mentalité qui peut choquer, mais qui traduit une volonté d’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle. La génération Z valorise le bien-être et refuse de sacrifier sa santé mentale sur l’autel de la productivité.

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Un langage en constante mutation

Le langage de la génération Z est un casse-tête pour les non-initiés. Un pouce levé? Un message passif-agressif. Un crâne? « Je meurs de rire. » Les expressions comme « slay », « cap », « ratio » semblent provenir d’une autre planète.

Il s’agit d’un vocabulaire qui évolue à la vitesse d’Internet, rendant chaque conversation un défi linguistique. L’humour et la communication passent par des codes toujours plus rapides et obscurs.

Mais ce langage n’est pas qu’un caprice générationnel. C’est un système de communication vivant, dynamique, qui reflète des changements sociaux profonds. Un émoji peut dire plus qu’un long discours, une expression comme « slay » devient un manifeste d’autonomisation. Ce langage ultrarapide est aussi une réponse à un monde qui va de plus en plus vite : plus concis, plus direct, plus émotionnel. Un linguiste y verrait l’évolution naturelle de toute langue vivante.

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Mobilité et écologie : Repenser les transports

Là où votre génération voyait la voiture comme un symbole de liberté, la génération Z la perçoit comme un fardeau coûteux, polluant et stressant. Elle préfère les transports en commun, le vélo, la marche : des moyens de déplacement écologiques.

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Dans certaines grandes villes, posséder une voiture n’est même plus une nécessité. Cette génération est profondément sensible aux questions environnementales et fait des choix de mobilité qui reflètent ses valeurs.

Mais ce choix n’est pas qu’écologique, il est profondément politique. Renoncer à la voiture, c’est aussi refuser un modèle de société individualiste, consumériste. C’est un acte qui dépasse la simple mobilité : c’est la construction d’un nouveau rapport à l’espace, à la communauté, à la planète. Un petit geste qui devient un manifeste silencieux.

L’aversion pour le téléphone : Communiquer autrement

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Surprise : la génération la plus connectée de l’histoire déteste téléphoner. Pour vos petits-enfants, un appel vocal est presque une agression. Ils préfèrent largement les messages écrits : SMS, WhatsApp, Instagram, TikTok, où ils peuvent contrôler le rythme de la conversation, la reformuler, réfléchir avant de répondre.

Un appel téléphonique leur semble intrusif, imprévisible, anxiogène. Pourquoi interrompre quelqu’un alors qu’on peut communiquer de manière asynchrone? Cette génération a développé une véritable communication écrite, rapide, précise, parsemée d’émojis et de références, qui lui permet de maintenir le contact sans la pression d’une conversation vocale en temps réel.

Les plateformes comme Discord lui permettent de rester connectée par écrit ou par messages vocaux courts, sans la formalité d’un appel traditionnel. C’est une communication qui s’adapte à son rythme, à son humeur, à ses disponibilités.