Animateur, analyste et journaliste, Rodger Brulotte a été l’un des commentateurs de baseball les plus respectés au pays. Aujourd’hui nous lui disons au revoir.

Parler de Rodger Brulotte, ce n’est pas faire dans la dentelle. C’est parler vrai. C’est parler de passion, de cœur, de quelqu’un qui n’a jamais triché avec le sport ni avec le monde.

Dans le baseball, il y a ceux qui analysent… et ceux qui font vibrer. Brulotte, lui, faisait les deux, mais surtout, il faisait aimer le jeu. Avec Jacques Doucet, il formait un duo solide, crédible, efficace. Pas de fla-fla. Du concret. Du ressenti. Du vécu. Quand ils décrivaient un match des Montreal Expos, tu n’avais pas besoin d’être au stade : tu y étais.

Ce qui distingue Rodger Brulotte, c’est son authenticité. Il ne jouait pas un rôle. Il était lui-même. Intense, direct, généreux. Quand il lançait son fameux « Bonsoir, elle est partie ! », ce n’était pas calculé — c’était viscéral. Ça sortait du cœur, comme un cri que tout le Québec reprenait avec lui.

Et ça, dans le sport d’aujourd’hui, c’est rare. Trop souvent, on tombe dans le spectacle, dans l’analyse froide, dans le discours formaté. Lui, il est resté fidèle à ce qui compte : l’émotion du moment, le respect du jeu, la connexion avec les gens.

Même après les Expos, il n’a pas disparu. Il a continué à se battre pour le baseball, à le promouvoir, à y croire. Parce que pour lui, ce n’est pas juste un sport — c’est une culture, une identité, une fierté.

À la manière d’un Michel Bergeron, on pourrait dire les choses simplement : Rodger Brulotte, c’est un vrai. Un gars de terrain. Un passionné qui a donné au baseball québécois une voix forte, une voix honnête, une voix qui compte.

Et ça, ça ne s’invente pas. Ça se mérite.