Au moment d’un décès, certaines décisions se prennent rapidement, parfois sans mesurer leurs effets dans le temps. Conserver les cendres, les disperser dans un lieu cher, improviser un geste qui semble juste sur le coup. Puis les années passent, les paysages changent, les repères disparaissent.

« Le cimetière, lui, offre une garantie », rappelle Daniel Dezainde, Président de l’Association des cimetières chrétiens du Québec (ACCQ). Il est un espace défini, protégé, où la mémoire ne dépend ni d’un terrain qui sera transformé ni d’un accès qui pourrait s’envoler. Un lieu où l’on sait pouvoir revenir.

Crédit Photo Mario Hains- Cimetière Saint-Michel de sherbrooke

Dans une région où le territoire évolue rapidement, cette permanence prend un sens particulier et elle rassure. Elle évite que le souvenir devienne abstrait, ou pire, introuvable. Cette réflexion sur la mémoire s’accompagne trop souvent d’une réalité bien concrète. Lorsqu’un décès survient, la charge émotionnelle est déjà lourde et on se questionne sur les intentions du défunt. Que voulait-il vraiment ? Et nous qui restons derrière, comment apprendre à vivre sans lui ?

L’ACCQ a pour mission de veiller à ce que les cimetières continuent d’être ces lieux de mémoire au-delà du temps et des distances, en soutenant la formation et l’encadrement des gestionnaires de cimetières qui sont là pour vous écouter, vous conseiller et vous guider. Daniel Dezainde insiste : « le recours aux cimetières pour recevoir les cendres de nos défunts est une garantie que leur histoire ne s’estompera pas et que votre décision de les y faire reposer protège cette relation qui vous unie au-delà de l’absence.

Parce qu’au bout du compte, la question n’est pas seulement de savoir où déposer les cendres, mais de s’assurer qu’il restera, dans le temps, un lieu pour se souvenir… sans compromis.

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