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Les touristes aguerris vous le diront : les voyages les plus transformateurs sont ceux au cours desquels on laisse ses idées préconçues à la maison pour s’abandonner à une culture et à des expériences nouvelles. Si le temps froid vous donne envie de vous évader dans un pays chaud pour vous faire dorer sur la plage, pourquoi ne pas en profiter pour revoir vos habitudes afin de voyager en cohérence avec vos valeurs? Après tout, rien n’est aussi reposant que d’avoir l’esprit tranquille. C’est pourquoi Boomers et Cie vous propose de repenser votre façon d’aborder les escapades sous le soleil. L’objectif : minimiser vos répercussions sur l’environnement, explorer le monde dans le respect et veiller à ce que votre argent se retrouve entre les bonnes mains. Bienvenue à bord!
Planifier ses vacances avec intention
L’art de voyager différemment commence longtemps avant le départ. Avec un peu de planification, des objectifs clairs et les innombrables ressources disponibles sur Internet, il est tout à fait possible d’adopter de meilleures habitudes et de magasiner son voyage intelligemment pour s’offrir des vacances de rêve en harmonie avec ses valeurs.
Le transport est sans contredit l’un des aspects les plus importants, les vols en avion entraînant une grande quantité d’émissions de gaz à effet de serre (GES). Par conséquent, au moment de choisir sa destination, on pourra par exemple prioriser les pays les plus proches, les vols directs (les escales consomment beaucoup de carburant) et les compagnies aériennes qui posent des gestes concrets pour réduire leur empreinte carbone. Air Canada, par exemple, s’est fixé un objectif zéro émission de GES d’ici 2050, et effectue un virage progressif vers le carburant d’aviation durable. Des transporteurs d’envergure comme JetBlue, Delta et British Airways promettent également de réduire leurs émissions.
De plus en plus d’agrégateurs de vols comme Skyscanner et Expedia offrent maintenant la possibilité de filtrer les résultats de recherche pour sélectionner les vols les moins énergivores.
Les bateaux de croisière, pour leur part, émettraient de 3 à 4 fois plus de CO2 par personne qu’un avion. À considérer si vous souhaitez voyager de façon plus écologique. Finalement, on peut réduire ses répercussions sur l’environnement en prévoyant son voyage de façon à minimiser les déplacements en véhicule motorisé à l’intérieur du territoire, notamment en réservant aussi près que possible des lieux que l’on souhaite visiter.

Le choix de la destination est également une facette du voyage sur laquelle on peut prendre le temps de se questionner, en tant que touriste, afin de dépenser son argent en concordance avec nos valeurs profondes. Voici quelques pistes de réflexion à explorer : le pays où je considère me rendre respecte-t-il les droits de la personne? Les femmes y sont-elles traitées comme des personnes égales? Est-ce que les travailleurs et travailleuses ont accès à un salaire décent? Le tourisme bénéficie-t-il directement aux populations locales?
Il en va de même pour les hôtels, complexes ou activités touristiques qui vous font envie. La plupart des plateformes virtuelles proposent ici aussi un filtre « vert » permettant de trouver les établissements où l’on recycle, récupère les eaux usées ou utilise des panneaux solaires, par exemple. De plus, avant de réserver une activité, mieux vaut s’informer sur les pratiques de l’entreprise pour s’assurer que celle-ci respecte les milieux naturels et les animaux qui y vivent, par exemple, ou contribue directement à l’économie locale.
Pour un voyage encore plus enrichissant, on pourra prendre le temps de s’informer sur les enjeux auxquels sont confrontés les gens de la place ainsi que sur leurs coutumes et leurs traditions. Et pourquoi ne pas se préparer en apprenant quelques mots dans leur langue? Ce faisant, on aura davantage d’outils pour l’explorer avec respect et curiosité dans un esprit d’échange culturel mutuellement bénéfique.

Le nouveau visage du tourisme
Parmi les grandes tendances observées ces dernières années, on constate que de plus en plus de touristes optent pour des destinations moins fréquentées offrant une expérience plus authentique, plus relaxante et souvent plus abordable que le tourisme dans les grands centres. Le surtourisme est d’ailleurs un enjeu important dans plusieurs destinations soleil très populaires, qui doivent composer avec des milieux naturels de plus en plus endommagés, un manque de ressources et des populations affaiblies par cette industrie parfois très invasive.
Un nombre grandissant de touristes optent donc pour des destinations dites vertes, soit reconnues pour leurs pratiques de conservation de l’environnement et des milieux naturels, mais aussi pour le type d’activités qu’on y propose. Le Costa Rica, par exemple, est désormais célèbre pour ses initiatives de reforestation ayant connu un grand succès et grâce auxquelles la biodiversité de ses forêts tropicales est en bien meilleure posture qu’il y a 40 ans. L’écotourisme* y est tout particulièrement développé, la majorité de l’énergie qu’on y consomme provient de sources renouvelables et on y trouve une quantité impressionnante de parcs nationaux, ce qui attire les voyageurs soucieux du respect de l’environnement.
La Bolivie, avec ses ruines historiques et sa nature luxuriante – 16 % de la superficie totale du pays est en territoire protégé! –, est elle aussi une destination appréciée des adeptes du tourisme vert.
Outre les circuits écologiques d’exploration des récifs de coraux à Fiji et les initiatives écotouristiques des îles Galápagos, il existe de nombreux complexes touristiques offrant des forfaits tout-inclus écoresponsables. Parmi ceux-ci, on retrouve les Sandals Royal Bahamian et Barbados, qui proposent respectivement des restaurants à approvisionnement durable et un marché hebdomadaire d’artisans locaux, l’Iberostar Selection Playa Mita de Puerto Vallarta, où les luxueuses installations ont été construites à l’aide de matériaux locaux, et le The Westin Reserva Conchal, au Costa Rica, qui possède un programme de recyclage permettant la réutilisation de plus de 85 % des déchets de l’hôtel ainsi que la première usine de dessalement de l’eau de mer au pays.

Des habitudes durables et respectueuses
Il est tout à fait possible de voyager de manière plus responsable en adoptant ces quelques habitudes qui, loin de demander de grands sacrifices, peuvent réellement changer les choses. En voici quelques-unes :
- Réduire sa consommation de plastiques à usage unique à l’aide de ces quelques essentiels lavables et réutilisables : bouteille d’eau, ustensiles, pailles, sac pour faire les courses, etc.
- Se munir de contenants réutilisables pour y transporter ses articles de toilette et cosmétiques plutôt que d’acheter de petits formats de voyage.
- Si on prévoit se baigner dans l’océan, ou tout autre plan d’eau naturel, préconiser un écran solaire minéral (à base de dioxyde de zinc ou de dioxyde de titane) et éviter les produits contenant de l’oxybenzone ou de l’octinoxate, soupçonnés d’être nocifs pour les coraux et les organismes marins. On peut se les procurer partout en pharmacie, en ligne et dans les boutiques spécialisées comme Sephora.
- Une fois sur place, opter pour des moyens de transport moins polluants comme la marche, le vélo, le train, les transports collectifs ou la location d’un véhicule hybride ou électrique.
- Limiter son utilisation d’eau tout au long de son séjour afin d’éviter le gaspillage, notamment en ne faisant nettoyer ses draps et serviettes que lorsque c’est réellement nécessaire.
- Éteindre l’air climatisé, débrancher ses appareils lorsqu’ils ne sont pas en usage et éteindre les lumières quand on quitte sa chambre.
- Préconiser les activités ayant peu ou pas de répercussions sur l’environnement, comme le kayak, le camping, les tours à vélo ou à pied.
- Visiter les parcs nationaux, réserves, sanctuaires d’animaux et autres lieux ouverts au public et consacrés à la conservation de la faune et de la flore. Ces derniers permettent aux gens non seulement de vivre des expériences inoubliables, mais aussi de contribuer financièrement au maintien de ces lieux précieux. S’abstenir d’encourager toute activité touristique reposant sur les mauvais traitements des animaux ou les atteintes à l’environnement.
- Manger local! Préconiser les marchés et les restaurants appartenant à des particuliers; découvrir la cuisine locale et les aliments en saison provenant de la région où l’on se trouve.
- Respecter l’environnement en évitant d’interagir avec les animaux sauvages et d’abîmer la flore dans les lieux naturels que l’on visite.
- Acheter ses souvenirs et cadeaux de façon à encourager l’économie locale : poser des questions sur la provenance des objets, préconiser les petites boutiques et les artisans locaux avec qui on peut établir un contact direct, opter pour des souvenirs ou vêtements faits à partir de matières et de fibres naturelles. Plus important encore, éviter les achats impulsifs et les babioles inutiles qui finiront à la poubelle; magasinons intelligemment!
*L’International Ecotourism Society définit l’écotourisme comme le « voyage responsable vers des zones naturelles qui conserve l’environnement, soutient le bien-être des populations locales et intègre l’interprétation et l’éducation [tant pour son personnel que pour ses visiteurs]. »
